Humidité après travaux : ce que j’aurais aimé savoir avant d’acheter
Nous avons acheté un appartement en rez-de-chaussée en 2023 via une SCI. Un petit 2 pièces avec beaucoup de potentiel, mais entièrement à rénover après plusieurs années laissées à l’abandon par l’ancien propriétaire.
Après les travaux, l’appartement était devenu exactement ce qu’on imaginait : un bien chaleureux, rénové avec goût, prêt à être loué. Bref, un vrai coup de cœur !
Mais quelques mois plus tard, un problème qu’on n’avait absolument pas anticipé a commencé à apparaître.
Les premiers signes d’humidité
Pendant les travaux, après avoir cassé certains murs, le chef des travaux nous avait fait un premier constat : le mur entre les toilettes et le couloir de l’immeuble était complètement humide et moisi.
Mais ce n’était pas tout : le mur de la chambre était lui aussi rempli d’eau et une grande partie du placo de l’appartement était humide. Il a fallu retirer plusieurs gravats de placo détérioré jusqu’à retrouver les murs en briques, puis laisser sécher avant même de pouvoir commencer des travaux.


À ce moment-là, on commençait à s’inquiéter, mais on suivait simplement les recommandations des professionnels :
- laisser les murs sécher,
- isoler entièrement l’appartement,
- traiter les zones humides,
- et renforcer la structure de l’appartement avec des IPN.
L’intervention de l’expert humidité
Quelques mois plus tard, les travaux étaient terminés.
Avant même la mise en location, nous avions fait venir Rafaël, un expert spécialisé dans les problèmes d’humidité. Son intervention consistait à installer un appareil destiné à limiter les remontées capillaires et réguler l’humidité dans les murs.
On a meublé ensuite l’appartement, on a finalisé la décoration, puis le bien a été mis en location.
Et honnêtement, on était fiers du résultat. Pendant un moment, tout semblait enfin derrière nous.
On pensait que le problème était réglé
Environ un an plus tard, notre locataire nous a signalé un nouveau problème : des cloques apparaissaient sur le mur de la chambre donnant sur l’extérieur de l’immeuble. L’humidité était revenue.
Nous avons demandé à Rafaël de revenir pour contrôler le taux d’humidité dans l’appartement. Et là, surprise : le problème ne venait pas de l’intérieur de l’appartement. Le taux d’humidité dans l’appartement était correct.
Selon lui, l’humidité pouvait provenir d’infiltrations extérieures, d’autant plus que des traces d’humidité étaient visibles sur le mur extérieur du bâtiment.
Nous devions donc contacter les assurances.
Le moment où tout devient compliqué
L’assurance de l’immeuble a envoyé un premier expert. Son constat est resté très flou : le problème pourrait venir de la façade extérieure, mais sans certitude. L’assurance a alors proposé environ 500 € pour refaire le mur intérieur endommagé, sans prendre en charge les éventuels travaux extérieurs de façade.
L’assurance de l’appartement de son côté ne répondait même pas. Elle attendait surtout les conclusions de l’assurance de l’immeuble avant de bouger.
Avec les autres copropriétaires, nous avons décidé alors de faire intervenir une personne spécialisée dans l’étanchéité du bâtiment. Nous avons rappelé également Rafaël pour avoir un second avis.
Résultat : le problème pouvait venir :
- soit d’une infiltration liée à l’immeuble voisin,
- soit d’un problème d’étanchéité de la façade extérieure.

Dans les deux cas, les travaux potentiels devenaient beaucoup plus importants que ce qu’on imaginait au départ. Nous avons alors demandé une nouvelle expertise auprès des assureurs pour confirmer ces soupçons.
Fatigue mentale et blocage administratif
À partir de là, tout s’est compliqué : Le syndic voisin refusait de coopérer, impossible d’inspecter chez eux.
Et de notre côté, les assurances semblaient elles-mêmes perdues dans le dossier. Nous passions beaucoup de temps au téléphone à expliquer encore et encore la situation, sans aucune avancée.
Petit à petit, la fatigue mentale s’est installée.
À un moment, nous avons décidé de contacter l’assistance juridique de notre assurance habitation pour savoir comment obliger le syndic voisin à coopérer.
Et là, pour la première fois depuis longtemps, on s’est sentis un peu rassurés. On nous a expliqué qu’il existait des solutions et des démarches possibles pour débloquer la situation.
Puis est arrivée la chute qu’on n’avait pas attendue : nous avions résilié cette assistance juridique quelques mois plus tôt.
Résultat : nous devions finalement gérer seuls les démarches et constituer le dossier nous-mêmes.
Nous étions confrontés à une vraie montagne russe d’émotions !
Parce qu’au-delà des travaux, il allait falloir aussi gérer : les démarches, les délais, et l’incertitude financière.
Heureusement, notre locataire appréciait beaucoup le logement et souhaitait rester malgré le problème.
Quand l’investissement devient une charge mentale
Avec le recul, on réalise surtout à quel point il est important :
- d’être bien accompagné,
- d’avoir une assurance réactive,
- et de garder une assistance juridique active, même quand on pense ne jamais en avoir besoin.
Cette expérience nous a aussi appris à être encore plus vigilants sur les problèmes d’humidité avant un achat.
Parce que face à un bien avec du potentiel, on peut parfois minimiser certains signaux d’alerte ou penser que les travaux suffiront à régler le problème. Or, dans certains cas, c’est beaucoup plus complexe que prévu.
Et dans ce genre de situation, on peut vite se retrouver à gérer seul des problèmes techniques, administratifs et humains qui dépassent largement le simple “problème d’humidité”.
Mentalement, c’est très épuisant.
*
Aujourd’hui, le dossier continue.
Honnêtement, quand nous avons acheté cet appartement, nous étions loin d’imaginer tout ça. Au départ, ce n’était “qu’un petit 2 pièces à rénover”.
Aujourd’hui, entre les experts, les assurances, les démarches et les blocages avec le voisinage, on se rend compte qu’un investissement immobilier peut aussi devenir une vraie charge mentale. Et surtout, on ne sait pas quand cette histoire sera vraiment terminée.
(📌 Bientôt sur le blog : nous prévoyons de réaliser une interview technique complète avec Rafaël, notre expert humidité, pour qu’il nous explique en détail comment repérer et traiter ces pièges. Restez connectés !)
Et vous, quelle est votre expérience ? Avez-vous déjà été confrontés à ce genre de problème qui a pris des proportions inattendues ? Partagez votre expérience en commentaire, cela pourrait aider d’autres propriétaires dans la même situation.
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