Location meublée courte durée ou longue durée : notre comparatif
Vaut-il mieux mettre son bien en location meublée courte durée ou longue durée : c’est LA question qu’on nous pose souvent.
On comprend pourquoi. Dans le cadre d’un investissement locatif, le choix est loin d’être évident. Et honnêtement, on n’a pas de réponse universelle. Parce qu’on fait les deux en même temps, depuis des années.
Aujourd’hui, nous exploitons un appartement et un bateau en location courte durée, ainsi que plusieurs biens en location longue durée. Autant dire qu’on a eu le temps de voir les deux côtés.
Voici ce qu’on en retient vraiment — sans filtre.
La rentabilité locative
🧳Location courte durée (Airbnb, Booking, Abritel)
Soyons honnêtes : la location courte durée rapporte plus. Même après avoir déduit le ménage, le linge, les commissions des plateformes et les nuits vides, la rentabilité locative nette reste supérieure à celle d’une location classique. C’est un fait.
Mais ce surplus de revenus a un prix : du temps, de l’énergie et une disponibilité quasi permanente. Et parfois, l’envie d’envoyer balader le voyageur hyper exigeant qui photographie derrière les tiroirs pour obtenir un remboursement.
🔑 Location longue durée
Moins rentable sur le papier, sauf en colocation, où louer à la chambre peut s’avérer très intéressant. Mais le vrai avantage n’est pas financier : c’est la tranquillité. Une fois le bail meublé signé et le locataire en place, on respire. Les charges locatives sont prévisibles, la gestion locative est simple, et le stress des évaluations n’existe pas.
Le bémol : tout dépend de la localisation. En région parisienne, une chambre vide se reloue en une semaine : le taux d’occupation est quasi garanti. Dans une ville petite à moyenne, c’est une autre histoire – le turn-over en colocation peut peser sur la rentabilité réelle et créer de la vacance locative.
La gestion locative au quotidien
🧳 Location courte durée (Airbnb, Booking, Abritel)
Gérer un bien en location saisonnière, c’est un vrai métier. Entre les messages auxquels il faut répondre rapidement (même parfois la nuit), les entrées et sorties à organiser, le ménage à coordonner et le linge à prévoir – c’est chronophage. Certains propriétaires font appel à une conciergerie pour déléguer tout ou partie de ces tâches – mais ça a un coût qui impacte la rentabilité locative.
Et quand on est sur plusieurs plateformes à la fois – Airbnb, Booking, Abritel – ça se complique encore. On a eu des doublons de réservations parce que le calendrier ne s’était pas synchronisé correctement. Résultat : annuler un voyageur en catastrophe. Même si ça se passe globalement bien, les voyageurs sont forcément déçus.
Autre différence qu’on ne voit pas venir : sur Airbnb, les voyageurs sont notés. On peut filtrer, refuser une réservation si le profil ne nous inspire pas confiance. Sur Booking, c’est réservation instantanée et les voyageurs ne sont pas notés. On se retrouve parfois avec des profils qu’on n’aurait pas acceptés ailleurs (et nos amis loueurs nous font le même retour).
🔑 Location longue durée
Une fois le locataire en place, on respire. Pas de messages quotidiens, pas de ménage à coordonner entre deux voyageurs, pas de calendrier à synchroniser entre plateformes. La gestion locative au quotidien est bien moins intense.
Les petits soucis existent : un ballon d’eau chaude à changer, un évier bouché… mais ça reste rare et gérable. Rien de comparable avec la pression d’une location saisonnière.
Les risques qu’on n’anticipe pas
🧳 Location courte durée (Airbnb, Booking, Abritel)
On pense souvent aux risques classiques : dégradations, mauvaises notes, nuits vides. Mais il y en a un qu’on n’avait pas anticipé : la copropriété.
Sur l’un de nos appartements, des voyageurs ont oublié leur clé un soir. Ils ont sonné à toutes les portes de l’immeuble pour qu’on leur ouvre. Les voisins ont été réveillés, les propriétaires se sont plaints. On a reçu une mise en demeure avec interdiction formelle de poursuivre la location touristique.
Une seule mauvaise soirée. Et c’était terminé.
Avant de se lancer en location meublée courte durée, il faut vérifier deux choses que beaucoup oublient : est-ce que le règlement de copropriété l’autorise ? Certains règlements contiennent une clause d’habitation exclusivement bourgeoise qui interdit toute activité commerciale dont la location saisonnière. Et est-ce que les voisins le toléreront sur la durée ? Ce sont deux questions très différentes.
🔑 Location longue durée
Les risques existent aussi : impayés, dégradations, état des lieux bâclé. On en parle en détail dans notre article sur les 5 erreurs qui nous ont coûté cher.
Mais un locataire en place fait globalement moins de vagues dans une copropriété qu’un flux constant de voyageurs avec valises et codes de boîte à clés. La cohabitation avec les voisins est généralement plus sereine.
La charge mentale
🧳 Location courte durée (Airbnb, Booking, Abritel)
C’est probablement ce qu’on sous-estime le plus avant de se lancer dans l’investissement locatif en courte durée.
Gérer un bien en location saisonnière, c’est être en permanence en alerte. Un message qui arrive tard le soir, un voyageur qui signale un problème, une note inattendue le lendemain du départ. On ne décroche jamais vraiment.
Et les notes, justement, c’est un sujet à part entière. On a eu un voyageur qui, pendant tout son séjour, n’a signalé aucun problème. Au moment de partir, il envoie des photos de derrière les tiroirs en disant que le ménage est à revoir. Il demande même la liste des travaux envisagés. On a refusé. Il a laissé une note de 4/10 sans aucun commentaire.
Ce type de situation, on ne peut pas l’éviter complètement. Et elle pèse, parce que la note impacte la visibilité de l’annonce et donc le taux d’occupation.
🔑 Location longue durée
La charge mentale existe aussi, surtout au début : trouver le bon locataire, signer le bail meublé, faire un état des lieux sérieux. Mais une fois que c’est en place, on passe en mode « veille basse ».
C’est ce qui nous a poussé, à un moment où on avait trop de choses à gérer en parallèle, à ne jamais mettre certains biens en location saisonnière malgré le potentiel. Parfois, la tranquillité d’esprit vaut plus que quelques euros de rentabilité locative supplémentaire.
En résumé
“Airbnb” ou location meublée longue durée? Il n’y a pas de bonne réponse universelle.
Ça dépend du bien, de sa localisation, de la copropriété. Et surtout de la réglementation en vigueur dans votre commune. De plus en plus de villes encadrent la location meublée de courte durée, notamment avec la loi Le Meur entrée en vigueur en 2025.
Mais ça dépend surtout de vous — de votre disponibilité, de votre tolérance au stress et de ce que vous attendez de votre investissement locatif.
🧳 Choisissez la location saisonnière si :
✔️ vous recherchez la rentabilité maximale
✔️ vous êtes disponible et réactif
✔️ votre bien est situé dans une zone touristique attractive
🔑 Choisissez la location longue durée si :
✔️ vous privilégiez des revenus stables
✔️ vous souhaitez moins de gestion quotidienne
✔️ vous recherchez davantage de tranquillité d’esprit
Et si vous hésitez encore, sachez qu’on fait les deux. Et qu’on ne regrette ni l’un ni l’autre. On a juste appris à choisir le bon modèle selon le bon bien.
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Bonus : le cas du bateau ⚓
De notre côté, on s’est arrêtés aux appartements. Mais de son côté, Julien a saisi une opportunité inattendue avec son associé Lionel : un bateau – vedette hollandaise vendu à prix réduit par un propriétaire qui voulait partir à l’étranger. En France, les bateaux en location saisonnière sont encore rares, rien à voir avec Amsterdam. Ce côté atypique attire, intrigue, fait réserver.

Mais gérer un bateau, c’est vraiment une autre dimension que la gestion locative classique.
Quand un bien atypique change toutes les règles
Avant même d’accueillir le premier voyageur, les obstacles s’accumulent. Trouver un assureur qui accepte ce type de bien – pas évident. Trouver un emplacement à l’année avec eau et électricité (sans payer une fortune bien évidemment) – encore moins simple. Et quand les raccordements ne sont pas disponibles, il faut trouver des alternatives. Sans parler des travaux de rénovation : sur un bateau, impossible de faire appel à n’importe quel artisan. La coque se rénove dans un chantier naval, ce qui implique de sortir le bateau de l’eau. Tout est plus compliqué, plus spécifique, plus inattendu.
Petite anecdote marrante qu’on a vécue : Un soir, Julien reçoit un appel paniqué. Une voyageuse avait réservé le bateau pour fêter l’anniversaire de sa chienne – un caniche. Elle avait dressé la table, sorti une assiette, du pâté. La chienne est tombée à l’eau. Panique totale. Elle a viré son ami qui refusait de sauter pour la récupérer. Et pour laver la chienne une fois sortie de l’eau, elle a utilisé toute la réserve d’eau du bateau. Plus une goutte pour se laver ensuite. On rigole encore en le racontant mais sur le moment, Julien était moins serein.
À l’époque, la réserve se remplissait manuellement avec de gros bidons entre chaque voyageur – une logistique assumée par Julien et Lionel eux-mêmes. Depuis, ils ont installé un système de filtrage qui récupère l’eau du fleuve. Un investissement qui a changé leur quotidien.
Le bateau, c’est leur coup de cœur et leur plus grande source d’anecdotes. Mais c’est aussi la preuve qu’un bien atypique attire et surprend. Dans tous les sens du terme.
Et vous ? Vous gérez un bien en location courte ou longue durée ? Partagez votre expérience en commentaire, ça peut aider d’autres investisseurs à faire leur choix.
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