Ce que la maternité m’a appris sur le mental
Je pensais avoir un mental solide.
D’ailleurs, c’est ce que mon conjoint m’a dit un jour après son footing : “J’ai failli m’arrêter plusieurs fois. Puis j’ai pensé à toi, à tout ce que tu as accompli et je me suis dit que je ne pouvais pas abandonner pour une simple course. Alors j’ai continué”.
Ok, c’est sans doute vrai. A 18 ans, je suis venue en France seule pour mes études. Comme beaucoup d’étudiants étrangers, j’ai enchaîné les démarches administratives, les études puis 14 ans dans un métier exigeant.
Alors oui, pour beaucoup, j’avais un mental solide.
Puis je suis devenue mère et j’ai compris que le vrai mental, ce n’était pas ça.
Un mental basé sur le contrôle
Avant, je suivais un chemin tracé :
- Côté travail : je finis mes études dans un domaine sûr où je suis certaine de trouver du travail. Puis je trouve un travail (un CDI).
- Côté administratif : je renouvelle les titres de séjours d’étudiant, puis je demande le titre salarié, puis je fais mon dossier naturalisation
Je suivais un ordre précis, un cadre sûr, tracé par mes parents depuis mon enfance. Il suffisait d’être rigoureuse, organisée pour avancer. Et ça, je savais le faire. Ou plutôt, j’ai appris à bien le faire.
A chaque réussite, je suis fière, mes parents en sont fiers. Et je continue.
Devenir mère : le choc
Devenir mère est magnifique. Tout mon entourage le dit.
Devenir mère est fatiguant. Toutes les amies mamans m’ont prévenues.
Mais devenir mère, c’est surtout découvrir chaque jour quelque chose que l’on n’avait pas anticipé.
L’envie de retourner au bureau pour casser la routine de la maison, puis l’envie de revenir vite à la maison pour échapper au stress du travail.
La charge mentale constante entre : quoi lui donner à manger pour que ce soit équilibré, est-ce qu’il faut prévoir un changement de pointure des chaussures, le pull est-il suffisamment chaud pour la journée, est-ce que ça l’affecte quand je lui parle comme ça…
Et puis les remarques de mon supérieur sur mes horaires au bureau : “nous sommes contents de retrouver la même salariée qu’avant, vos travaux sont toujours d’excellente qualité, mais les horaires, ça ne va pas”. J’ai senti une boule au ventre à ce moment-là. Ah oui, la pression du présentéisme.
Devenir mère a cassé ce cadre sûr, tracé par mes parents depuis mon enfance. Ils ne m’ont jamais appris ce qu’il faut faire à ce moment-là.
C’est quoi la prochaine étape ?
Le déclic
Et c’est là que vient le déclic : Avoir du mental, ce n’est pas suivre rigoureusement un chemin tout tracé et cocher les étapes une par une sans se poser de questions.
Devenir mère m’a appris trois choses essentielles.
Leçon 1 : Tu n’es jamais prête
Tu n’es jamais prête. Tu ne peux pas tout prévoir. Les émotions d’un enfant, comment anticiper ça ?
Leçon 2 : Le contrôle est une illusion
Je ne contrôle pas tout : mon emploi du temps n’est plus fixé à l’avance, les sorties, les rendez-vous peuvent être annulés à tout moment.
Leçon 3 : le mental se construit dans l’inconfort
Le quotidien en tant que parent ne me laisse plus le temps de m’attarder sur la fatigue ou le doute. Et pourtant, j’arrive quand même à gérer. Je m’organise différemment. Je laisse place à l’imprévu. J’apprends à lâcher prise. Et c’est là que le mental se construit.
Passer à l’action malgré la peur
Ce fonctionnement du mental ne concerne pas seulement la maternité. C’est exactement ce que je ressens dans mes projets immobiliers. Avant, je voulais être sûre de tout, tout contrôler avant de signer. Mais la maternité m’a appris que l’on n’est jamais vraiment prête.
On a peur de l’inconnu. On attend d’être prêt. On veut être sûr. On veut pouvoir tout contrôler.
Pourtant, l’envie est là, le besoin est là. L’envie de posséder un bien, d’avoir un complément de revenu, de transmettre à ses enfants.
Aujourd’hui, j’aborde mes investissements avec une force différente : je sais que je saurai gérer l’imprévu, parce que je le fais déjà chaque jour à la maison.
Avancer malgré le doute
J’ai fait un pas en avant. Pour la première fois de ma vie, j’ai osé sortir du cadre tout tracé de mes parents. Oser la reconversion. Parce que j’avais compris mes 3 leçons et que j’avais un objectif en tête : être une mère présente pour mon enfant.
J’ai donc avancé malgré le doute. Et au final, le mental ne se construit pas dans la certitude, mais dans l’action.
Et vous, avez-vous déjà osé sortir du cadre que l’on avait tracé pour vous ? Quel a été votre premier pas ? Partagez votre expérience en commentaire!
_____
Pour recevoir nos prochains articles directement dans votre boîte mail, cliquez sur le bouton ‘S’abonner’ en bas de votre écran. Promis, pas de spam, juste de la valeur !
***


